Au cours de nos différentes actions nous avons eu la chance de faire la connaissance d’une entrepreneuse qui  met en adéquation ses valeurs éthiques et son activité professionnelle.

INTERVIEW de Nadège,logo-nadege

UN TEMPS POUR SOI

 

Pouvez-vous présenter votre établissement en quelques mots ?
Je tiens un institut de beauté de quartier depuis huit ans maintenant. C’est un institut  qui revendique une expertise sur l’ensemble des disciplines proposées : épilation, soins du visage et du corps, traitement d’ongles et maquillage.

 Peut-on venir chez vous si l’on est vegan?
Bien évidemment ! A l’origine, l’établissement n’était pas vegan et il ne l’est toujours pas à 100 % mais comme le véganisme est devenu une éthique personnelle,  forcément j’ai envie que l’institut ressemble à cette vision que j’ai maintenant de la consommation. Donc nous avons commencé les premières étapes de transformation et on espère pouvoir devenir rapidement un institut complètement vegan !

Quelles ont été les différentes étapes de transformation de l’établissement ?
Il se trouve que nous avions besoin de redéfinir notre proposition maquillage et quitte à changer de marque, nous en avons profité pour aller plus loin  dans une démarche que j’aurais eue de toute façon. C’est ainsi que nous avons intégré le véganisme à nos critères de recherche. A vrai dire,  non seulement le véganisme mais également le bio et l’éthique d’une façon générale, le fait de consommer responsable.

Vous avez donc trouvé une marque qui vous donne toute satisfaction de ce point de vue ?
Oui, nous avons trouvé une marque de maquillage* qui correspond parfaitement à nos critères : bio, écoresponsable,   travaillant dans le commerce équitable lorsqu’elle fait appel à des actifs qui viennent de l’étranger. C’est une marque qui travaille majoritairement en Europe et avec des acteurs locaux. Elle est déjà à 90 % vegan ;  il ne reste plus que la cire d’abeille à éliminer mais  la cire de carnauba a déjà pris le relais dans les rouges à lèvres.  La marque est en cours de reformulation et est très active dans le domaine de la recherche et du développement. L’une des difficultés pour les formulations vegan de maquillage étant de trouver le fameux pigment rouge utilisé dans les rouges à lèvres  et qu’on a du mal à obtenir d’origine végétale mais la marque annonce pour 2017 des rouges à lèvres qui auront cette teinte rouge mais en version végétale.
D’où vient la teinte rouge des rouges à lèvres traditionnels ?
La teinte carmin vient de la cochenille, ce petit insecte  et si on peut trouver une alternative végétale,  je crois que les cochenilles apprécieront !

Quel a été votre parcours personnel vis-à-vis du véganisme ?
Une prise de conscience suite à des discussions avec un membre actif de l’association LEA 49. C’est par le côté positif de l’approche que j’ai commencé à m’y intéresser et je crois que tout simplement auparavant je n’avais jamais remis en question ma consommation. Lorsque j’ai réalisé que c’était possible,  je me suis lancée et je me suis vite aperçue que non seulement c’était possible mais que c’était plaisant au quotidien ! Je ne sacrifie rien de ce que j’appréciais  dans ma vie de tous les jours et une chose en entraînant une autre, cela a même « contaminé » tous les autres aspects de ma vie ! Je suis très heureuse d’avoir changé ma façon de consommer aujourd’hui.

Quelles pistes pourriez-vous donner à des personnes qui souhaiteraient s’orienter vers le véganisme ?
Il faut commencer à mon sens par ce qui est le plus emblématique: L’alimentation car c’est la première chose qui vient en tête lorsque l’on pense au véganisme. La nourriture est en effet la première cause de souffrance animale. Et puis lorsque l’on s’aperçoit que les assiettes sont plaisantes,  que les goûts sont plaisants, on réalise vite que ce n’est pas si compliqué de devenir vegan.  Aujourd’hui on trouve de nombreux magasins  où se procurer les produits et si on le souhaite, on peut même être accompagné dans cette démarche grâce à l’association LEA 49 par exemple **. Ensuite on peut commencer à s’interroger sur  les autres types de consommation de tous les jours car pour de nombreux produits de consommation courante, il existe des alternatives.  Il suffit de prendre le temps de les chercher !

Avez-vous quelques exemples nous donner ?
Les vêtements et les chaussures, par exemple,  qui sont emblématiques d’une autre utilisation de produits d’origine animale. Aujourd’hui on voit des marques fleurir un peu partout comme par exemple By Blanch, qui vient de se lancer en France. Cela va de pair avec une éthique qui dépasse le véganisme: consommer bio, consommer local, encourager un mode de consommation vertueux. Auparavant,  si je synthétise,  je consommais de façon inconsciente et aujourd’hui,  je consomme de façon consciente notamment pour tout ce qui est en rapport avec la souffrance et l’exploitation.

Quels changements avez-vous introduits dans votre institut pour être davantage en accord avec vos valeurs ?
Comme cela a rapidement envahi toute ma vie et mon mode de consommation personnels,  ma vie professionnelle l’a été aussi. J’ai la chance d’être propriétaire de mon institut de beauté et de pouvoir mettre ma vie professionnelle en accord avec mes valeurs personnelles. Donc lorsque j’achète des tenues pour mon équipe, des vêtements, des chaussures ou des produits d’entretien,  je m’assure qu’il n’y a pas de produits d’origine animale.

Quels conseils peut-on donner pour l’achat de cosmétiques vegan ? Quels composants doit-on bannir par exemple et comment les reconnaître sur les étiquettes lorsque l’on n’est pas spécialiste ?
Je sais que l’étiquetage cosmétique ne se lit pas facilement lorsque l’on n’est pas initié. J’aimerais pouvoir conseiller de se référer à une esthéticienne professionnelle mais je sais malheureusement qu’aujourd’hui le cursus esthétique n’accentue pas son enseignement là-dessus, même si on nous enseigne lors de nos études la différence entre les composants d’origine végétale et ceux d’origine animale. Ce n’est pas forcément ce sur quoi les apprenties esthéticiennes sont interrogées en examen, donc ce n’est pas ce qu’elles retiennent en priorité. Par contre, il existe des initiatives privées, qui peuvent aider au quotidien celles et ceux qui veulent faire le tri et analyser leur consommation. Je pense par exemple au site laveritesurlescosmetiques.com. On y indique si tel composant est d’origine végétale ou animale mais également le degré de nocivité des molécules. Il existe par ailleurs des applications  sur Smartphone comme par exemple Thinkdirty qui permettent de scanner l’étiquette d’un cosmétique et la liste INCI : pour les non-initiés, précisons que c’est la longue liste d’ingrédients qui figurent au dos des produits et qui est révélateur de tout ce que le cosmétique contient. Néanmoins il reste  des pièges à éviter car plusieurs ingrédients peuvent être soit d’origine animale soit d’origine végétale  et nul n’est pas tenu de le préciser sur le packaging.

Par exemple ?
Par exemple la cire d’abeille qui peut être soit d’origine animale soit purement synthétique. Lorsqu’on la trouve sous le nom latin Cera Alba,  on peut être sûr que ce sont des molécules d’origine naturelle. Par contre son nom en anglais indique qu’il s’agit peut-être de la forme synthétique. En tous cas, si le produit a le label  VEGAN,  on peut être sûr à 100% qu’il ne contient aucune composante d’origine animale.

Est-il difficile d’être un entrepreneur vegan à Angers en 2017 ?
C’est une démarche qui n’est pas identifiée en tant que telle aujourd’hui parce que trop anecdotique et elle peut également représenter une crainte pour certains entrepreneurs.  J’ai juste envie d’être très positive et de dire : Cette démarche ne peut pas nuire aux consommateurs qui n’y font pas attention et elle ne peut que plaire aux consommateurs qui y sont sensibles. Donc, au contraire,  il faut se lancer ! Et cela pourra même permettre aujourd’hui de se démarquer face à la concurrence et d’avoir une proposition plus innovante en termes d’éthique et de consommation.

Dans mon domaine, qui est celui de l’esthétique, on se préoccupe déjà beaucoup de la nature, du respect de l’environnement. Mais nous trouvons de plus en plus d’écho dans les mentalités sur ces différents points. Non la cire d’abeille n’est pas nécessaire ! Oui la cire de Carnauba est formidable ! Il n’y a aucun blocage dans notre domaine, ni aucun frein technique au passage au 100% vegan.  La transition est facile et il faut la faire ! Et pour ceux qui sautent le pas, il est important que cela se voie. Je reste persuadée qu’il faut en parler car c’est le seul moyen de montrer aux gens que cette démarche existe et que l’on peut y adhérer ensuite à titre personnel.

La clientèle est donc selon vous plus exigeante en 2017 concernant la qualité des produits, la souffrance animale ?
Ces dernières années, j’ai remarqué que la consommation responsable et écoresponsable touche beaucoup les clients et  a une forte résonnance  chez eux. Consommer bio, consommer plus sain pour soi-même sont une vraie tendance sur le marché et le véganisme surfe un peu là-dessus. Un autre aspect qui parle à mes clients: les tests sur animaux. Les gens ne sont pas forcément conscients des matières premières d’origine animale utilisées dans les produits mais ils sont de plus en plus favorables à l’achat de produits cruelty-free car ils savent désormais que l’on peut se passer des tests sur animaux et éviter leur souffrance.

 

* la marque de maquillage ZAO

** LEA 49 propose un coaching vegan : tous les renseignements sur le site ou la page Facebook !

 Institut UN TEMPS POUR SOI

Adresse :Centre commercial rue Louis Gain 49100 Angers

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Horaires :    Lundi : 14h – 19h    Mardi à Samedi : 10h – 19h

Téléphone :   02 41 25 08 85

http://www.untempspoursoi-institut.fr

https://www.facebook.com/UnTempsPourSoi49/

 

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